News
MURAD SOBAY LE « BANKSY YÉMÉNITE »
MURAD SOBAY LE « BANKSY YÉMÉNITE »
SHIRINE ZARKAN
60 LECTURES
11/11/2013
« Pour se souvenir », c’est la principale raison invoquée par Murad Sobay, pour expliquer la présence de visages d’hommes et de femmes sur les murs de Sana’a ces derniers mois. Le Journal International vous fait découvrir le « Banksy yéménite ».
Murad Sobay a fondé la « 12th hours campaign » par laquelle il évoque, en dessins et messages peints sur les murs de sa capitale, les préoccupations qui secouent le Yémen depuis quatre décennies.Ce Yéménite de 26 ans réagit à la crise sociale qui secoue son pays. Au départ, il colorait les murs de Sana’a et y dessinait des scènes de la vie quotidienne. Peu à peu, les murs n’étaient plus considérés comme symbole de barrière ou d’enfermement. Ils ont pris la forme de support de l’expression, celle de l’inquiétude, des frustrations et de la mémoire.
L’INSTABILITÉ YÉMÉNITE
Le Yémen a été gouverné pendant 34 ans par le président Ali Abdallah Saleh. Unifié en 1990 avec le rattachement du Nord, issu de l’empire ottoman, au Sud, rattaché à l’empire colonial britannique, c’est un État instable dans un pays en crise. Mais à l’époque, le principal slogan « Irhal », « Dégage » en français, scandé par les manifestants, ne suffisait pas à régler la crise qui secouait le pays.Les « élections libres organisées » en 2012 ont fait apparaître une lueur d’espoir dans les yeux des 24 millions d’habitants du pays, mais la transition effectuée par le nouveau président Abdurabuh Mansour Hadi n’a pas empêché la dégradation de la situation humanitaire du pays et l’accroissement des conflits internes.Membre des Nations unies, le Yémen applique pourtant l’une des formes les plus archaïques de la charia et des lois tribales. De nombreux cas de corruption, de tortures, de traitements inhumains et d’exécutions sans procès ont été relevés au cours de son histoire. Les arrestations sont nombreuses et arbitraires et peuvent mener à des détentions dites « préventives » prolongées, en particulier dans le sud du pays.
DES CONFLITS MEURTRIERS, UNE RÉPONSE PACIFIQUE
Quelques Yéménites ont déjà dévoilé la situation de leur société aux yeux du monde. En 2008, Nujood Ali, 10 ans, divorça de son mari trentenaire et fuit à travers l’Europe en racontant le récit de sa vie. Après avoir été violée et battue, elle est désormais le symbole de la lutte contre le mariage forcé. Un an plus tard, Bushra Almutawakei diffusait une série de photographies intitulée « Disparition » par laquelle elle mettait en scène l’effacement des femmes dans le pays, condamnées à l’austérité et à l’invisibilité.Artiste militant, Murad Sobay a soigneusement choisi ses armes. Bombes de peinture et pinceaux affutés en main, il arpente la ville à la recherche d’une parcelle d’expression. Il poursuit un but de sensibilisation par l’art des problèmes sociaux et politiques du Yémen à travers un chemin pacifique et touchant. Au sein de la « 12th hours campaign », un mouvement s’est distingué : « The Walls Remember Their Faces » (« Les murs se souviennent de leurs visages »).Murad Sobay explique : « Le message est que si les Yéménites ne se souviennent plus de la souffrance et de la peine des disparus au fil de ces longues années, les murs se souviendront d’eux et se tiendront à leurs côtés ». Les visages en question sont ceux des disparus. Hommes et femmes de tout âge, politisés ou non, que le régime a effacé, littéralement mais que le portrait sur les murs des villes a fait ressurgir brusquement.
UNE MÉMOIRE RAVIVÉE
Ce travail artistique réalisé par Murad Sobay a ravivé les souvenirs et les indignations. L’œuvre a fait tant de bruit que certains ont vu là le commencement d’un mouvement populaire qu’ils ont cherché à éteindre en masquant les dessins muraux au karcher ou avec de la peinture.
Au-delà de cette tentative de censure, le mouvement a été suivi par la population qui a écrit à son tour sur les mêmes murs des déclarations de soutien et de paix afin que ces personnes ne disparaissent pas une seconde fois. Ce moyen d’expression a été adopté rapidement par tous et des messages très forts ont été déployés. Les murs se sont transformés en l’exposition de leur vision de la politique, de leur désir de paix et même de leur vie quotidienne. Activistes, journalistes ou même simples passants, tous ont leur mot à dire sur les évènements. Ils s’arrêtent, prennent un pinceau et se mettent à dessiner.Aujourd’hui, l’exposition continue dans de nombreuses villes yéménites et les visages sur les murs se multiplient. On ignore toujours ce qui leur est arrivé, mais les oubliés d’hier font prendre conscience aux victimes d’aujourd’hui de la situation de leur pays et du traitement qui leur est infligé. Murad Sobay aura réussi le tour de force de sensibiliser le Yémen par la voie de l’art. C’est un pacifiste, un rêveur, mais aussi un révolté qui veut changer les mentalités grâce au souvenir et initier un monde meilleur pour le peule de demain.Remerciements à Murad Sobay qui a gracieusement autorisé l’usage des photos.
Read more..
Notezتغطية وكالة “رويترز” عن حملة “12 ساعة” في ساعتها الخامسة عن “الطائرات بدون طيار الأمريكية”
مقال عن حملات الرسم “لون جدار شارعك”، “الجدران تتذكر وجوههم” و “12 ساعة” في مجلة “العربية”
مجتمع تغيره الجدران
الخميس : 31/10/2013
الكاتب : مراد سبيع: اليمن
![]() |
الاعتقاد الذي كان سائداً قبل من أن اليمنيين لا يقبلون ولا يحبون الرسم؛ أثبتت بطلانه حملة (لون جدار شارعك). ولأن اليمني البسيط لا يهتم بالسعي وراء معارض الفن التشكيلي والتي
غالباً ما تكون بعيدة عنه وعن ثقافته الاجتماعية والدينية، فهو يفضل أن يقضي وقته بالسعي وراء لقمة العيش التي يحصل عليها بصعوبة..
جاءت حملة (لون جدار شارعك) في فترة صعبة أي بعد انتهاء المعارك التي حصلت في صنعاء.. الفكرة كانت جديدة كلياً على الشارع اليمني، وقد ساهمت في رفع مستوى الوعي الفني لدى الناس, فليسوا مضطرين للذهاب إلى الفن بل إن الفن (ولو أن كثيراً من الجداريات كانت غير محترفة) ذهب إلى الأماكن العامة والشوارع ليزين الجدران ويعكس وجهاً آخر وجميلاً لليمن.. كانت مشاركة المارة عبر إعطاء الملاحظات والمشاركة في الرسم، فقد شارك الكبير والصغير، فأصبح كل نزول للرسم على الجدران كالكرنفال اللوني الذي يجتمع فيه العشرات من المشاركين والمتفرجين أثناء الرسم.
Continue reading “مقال عن حملات الرسم “لون جدار شارعك”، “الجدران تتذكر وجوههم” و “12 ساعة” في مجلة “العربية””
صوره لـ ربيع الجنيد أثناء عمله على جداريته حول “الإختطاف” في الساعة الـثالثة ضمن حملة “12 ساعة”، نشرت في صحيفة “الدايلي ستار” اللبنانية. تصوير: خالد عبدالله “رويترز
غلاف مجلة “يمن توداي”
صوره لجداريه من جدارياتي في حملة “لون جدار شارعك”، نشرت العام الماضي في صحيفة “واشنطن بوست”. تصوير: خالد عبدالله “رويترز”
The guardian journal ” Yemeni street artist uses Sana’a walls to remember the disappeared”
Yemeni street artist uses Sana’a walls to remember the disappeared
Murad Sobay, who downplays comparisons with Banksy, stencils faces of vanished political prisoners to keep their memory alive
-
Abubakr al-Shamahi in Sana’a
- theguardian.com, Thursday 31 October 2013 07.00 GMT
Faces stencilled on walls as part of Murad Sobay’s campaign. ‘The walls hold the memory of the disappeared political detainees better than people can,’ he said. Photograph: Abubakr al-Shamahi for the Guardian
Peering out from one of the perimeter walls of Sana’a University is a young man’s face, stencilled in black and white paint. Daubed next to him is his name and the year he disappeared. A metre on is another face, and then another, and then another, stretching along the whole perimeter of the wall.
The faces belong to Yemeni political prisoners who simply vanished, leaving behind families who have little or no knowledge of their fate. Some go as far back as the 1970s and some date to the Yemeni revolution against former president Ali Abdullah Saleh in 2011.











