Le centre d’art Fernand-Léger de Port-de-Bouc, en collaboration avec l’artiste yéménite Murad Subay (également appelé le Banksy du Yémen), prépare une œuvre « à coller » pour dénoncer les horreurs de la guerre au Yémen.

YÉMEN /31/12/2020 | 08H07

Une vingtaine de collages seront sélectionnés pour être affichés à l’entrée de la ville côté Caronte début janvier. À Port-de-Bouc, l’artiste yéménite Murad Subay a fait appel aux habitants pour sa dernière œuvre baptisée «Selfies of War». Mené en collaboration avec le centre d’art Fernand-Léger, le projet consiste à se prendre en photo en affichant sur l’écran de son téléphone un dessin du plasticien représentant les victimes de la guerre au Yémen. Les clichés retenus seront ensuite agrandis pour devenir des collages engagés visant à interpeller la population sur les horreurs du conflit qui fait rage depuis bientôt six ans.

De fait, bien que les conséquences humanitaires de cette guerre civile soient désastreuses, aggravée par une famine en passe de devenir la plus grave que l’humanité ait connue depuis un siècle selon les Nations unies, la couverture médiatique internationale du conflit reste encore faible.Dénoncer « l’hypocrisie internationale »

En novembre 2019, le street-artiste Murad Subay réalisait déjà une fresque murale monumentale dans le quartier du Marais à Paris pour interpeller les passants sur «l’hypocrisie internationale» et dénoncer les ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite engagée au Yémen. «Sur le corps des Yéménites passent la guerre, l’hypocrisie internationale et les armes» pouvait-on lire au sommet de la fresque, intitulée « Dernière danse avec les morts ».

Âgé de 33 ans, Subay est réfugié en France depuis 2018 où il bénéficie du fonds de protection des artistes (APF). Aujourd’hui, son œuvre anti-militariste trouvera toute sa place dans une ville de résistance comme Port-de-Bouc. Rappelons que la France reste le 3e exportateur mondial d’équipements militaires et que de nombreuses ONG appellent très régulièrement Paris à suspendre ses ventes d’armement à Riyad et Abu Dhabi, engagés au Yémen. Un conflit qui depuis 2015 a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, en majorité des civils.

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